Hippocrate, Père de la naturopathie

Médecine préventive, art de la santé globale, grande synthèse des différentes méthodes naturelles, la naturopathie rappelle qu’elle est l’héritière moderne de la médecine hippocratique.

La naturopathie s’est nourrie de la philosophie vitaliste et des pratiques hygiénistes si chères à Hippocrate, Père de la médecine occidentale : fidèle à sa vision, la naturopathie accorde une place de premier choix à l’alimentation et, à propos des troubles ou maladies, lorsque le praticien de santé naturopathe intervient, c’est toujours de façon individualisée sur les causes et non sur les symptômes.

 

Le virage, relativement récent, de la médecine vers le matérialisme

Ce n’est que depuis le XVIIe siècle, inspirée par la pensée mécaniste de Descartes, que la médecine considère le fonctionnement du corps humain comme une machine. Jusqu’alors, toutes les médecines traditionnelles d’Occident comme d’Orient envisageaient l’homme dans sa globalité. Elles intégraient une notion fondamentale, à savoir que notre corps a la capacité de s’autoréparer et de se guérir pourvu que nous lui en donnions les moyens. Pour cela, conformément à la pensée d’Hippocrate, « il faut ôter les causes initiales ayant généré la maladie, connaître et appliquer les lois de la vie ». Ces notions cimentaient les différentes médecines d’hier.

La naturopathie, dans ses concepts de base, offre une place de choix à cette capacité d’autoguérison que nous possédons tous grâce à l’action de l’énergie de vie. Cette approche se nomme le vitalisme.

 

Priorité à l’énergie vitale

Le grand Hippocrate de Cos affirmait « Medicus curat, natura sanat », que l’on pourrait traduire par « Le médecin soigne, mais c’est la nature qui guérit ». Il allait jusqu’à affirmer à ses étudiants que le but d’un bon médecin était d’être au chevet du « médecin intérieur » de son patient.

Le naturopathe, quant à lui, définit son approche de santé et oriente ses conseils sur la base d’un bilan de santé. Celui-ci permet alors d’évaluer la constitution (l’inné et le terrain hérité) et le tempérament (les forces et faiblesses organiques) de son patient, ainsi que sa vitalité globale.

Il détermine quelles sont les carences à combler et les surcharges à drainer à l’aide d’un minutieux questionnaire, soutenu si besoin par des examens de terrain : bilan iridologique, étude des pouls chinois, bilan selon la bioélectronique de Louis-Claude Vincent, analyses biologiques nutritionnelles… Mais c’est toujours en fonction de la force vitale du patient que la stratégie thérapeutique de terrain doit être déterminée.

Une personne carencée ou affaiblie doit d’abord être rechargée en micronutriments et en énergie vitale. Les conseils en hygiénisme tels que l’activité physique, la relaxation, les massages… concourront également à faire remonter son énergie de vie. A contrario, une personne en surcharge pondérale ou en excès de déchets métaboliques, mais avec une bonne vitalité, sera orientée vers des gestes hygiéno-diététiques facilitant le drainage et l’élimination (diète, régime hypotoxique, jeûne). La priorité absolue est toujours de placer le corps dans un environnement optimal pour que « la nature » puisse faire son œuvre car, selon Hippocrate, « Vis naturae medicatrix » (« La nature est guérisseuse »).

 

Agir sur les causes et non sur les symptômes : le causalisme

Si la médecine conventionnelle (l’allopathie ou médecine des contraires) est parfaitement adaptée pour traiter l’urgence ou les maladies lésionnelles comme les ulcères, les cancers, le diabète de type 1 pour ne prendre que quelques exemples, elle n’est pas toujours l’approche la plus pertinente pour traiter, au long cours, les maladies dites fonctionnelles telles que les colopathies, les troubles du sommeil, la nervosité et bien d’autres encore. Elle n’est pas non plus la solution la mieux adaptée pour régler les désordres dits chroniques comme la fatigue, les dermatoses, l’arthrose, les rhumatismes, etc. D’une part, parce que les effets secondaires des médicaments de synthèse s’amplifient avec le temps et, d’autre part, parce que la médecine des contraires ne s’adresse qu’aux symptômes ou manifestations des maladies et non pas à leurs causes. Or, comme le rappelait le grand Hippocrate : « Si quelqu’un désire la santé, il faut d’abord lui demander s’il est prêt à supprimer les causes de sa maladie. Alors seulement est-il possible de l’aider. »

Le naturopathe souscrit au « tollem causam », c’est-à-dire à l’identification et au traitement de la cause et non au traitement des manifestations de ce que nous appelons « maladie ». Cette approche causale consiste donc à redonner la priorité au terrain plutôt que de s’acharner sur les symptômes, surtout lorsque qu’ils sont chroniques. Comme le soulignait le médecin et physiologiste Claude Bernard, « le terrain est tout et le microbe n’est rien » !

L’hygiène de vie au cœur de l’approche naturopathique

Première cause de nos maladies chroniques : notre mode de vie à l’occidentale, lequel se caractérise par une nourriture en excès et pauvre en micronutriments, ainsi qu’un stress quasi permanent. Dans ces conditions, notre organisme n’arrive plus à se rééquilibrer. Notre « médecin intérieur » est mis à mal. Il n’est donc pas étonnant que, malgré les progrès de la médecine, les maladies dégénératives et métaboliques ne font que croître, à l’instar du cancer, du diabète et des maladies cardiovasculaires.

En replaçant l’hygiène de vie au cœur de l’approche de santé, le naturopathe exerce donc un rôle clé dans le paysage médical actuel. Si, pour Hippocrate, la maladie traduit l’effort de l’organisme pour surmonter un équilibre perturbé, tout thérapeute qui se respecte devrait proposer des solutions pour éliminer les obstacles qui empêchent le travail d’autorégulation de l’organisme et pour aider « l’intelligence » du corps à faire son œuvre.

Pour cela, le naturopathe proposera un plan d’hygiène vitale sous-tendu par une hygiène alimentaire personnalisée, une hygiène neuropsychique sur mesure (relaxation, respiration, sommeil de qualité…) et une hygiène du mouvement adaptée à chacun. Nous retrouvons là la diaita grecque, ou « art de vivre », en accord avec les lois de la nature.

Que l’alimentation soit ton principal remède

A l’instar de tout traitement médical, l’alimentation devrait respecter l’esprit du Père de la médecine, à savoir « primum non nocere », soit « premièrement, ne pas nuire ». Il est, en effet, étonnant de voir à quel point grand nombre de nos contemporains, y compris des thérapeutes, ne font pas le lien entre l’alimentation et les problèmes de santé.

Pourtant, de façon métaphorique, il ne viendrait à l’esprit de personne de tenter de faire fonctionner une voiture essence avec du gasoil. Aussi, même si cette image est quelque peu simpliste, il n’en reste pas moins vrai que les cellules constituant nos organes et nos tissus, pour fonctionner de façon optimale, doivent impérativement recevoir le bon carburant. Or celui-ci se trouvera, idéalement, dans une alimentation à dominante végétale (fruits, légumes, légumineuses, oléagineux, céréales), variée, constituée de produits non raffinés et le moins transformés possible, avec une part belle faite aux aliments crus.

Bien sûr, les fruits et légumes doivent être de saison, sans traitement chimique, cueillis à maturité et donc issus de circuits courts. En effet, l’absorption de nutriments essentiels que sont les vitamines, les minéraux, les oligoéléments et les enzymes constitue la base de notre biochimie cellulaire. De plus, l’apport de fibres, que l’on trouve dans les aliments végétaux non raffinés, est indispensable pour la santé de notre intestin. Il y a près de 2 500 ans, Hippocrate enseignait déjà : « L’aliment n’est pas aliment s’il ne peut nourrir » ! Or, malheureusement, si notre alimentation moderne possède, aujourd’hui, une forte densité calorique, elle fait aussi preuve d’un appauvrissement sans cesse croissant en termes de micronutriments essentiels tels qu’évoqués précédemment. C’est donc, au final, une alimentation peu nourrissante. Avec comme conséquences l’épidémie d’obésité qui sévit dans le monde aujourd’hui, ainsi que l’augmentation des maladies fonctionnelles et métaboliques telles que le diabète, l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie et les maladies dysimmunitaires comme les allergies, les cancers, alzheimer et parkinson.

Ainsi, diminuer la part de l’alimentation animale (viande, charcuterie, produits laitiers), supprimer les plats d’origine industrielle et la « fast-food » et augmenter la part du végétal non raffiné sont les premiers gestes d’une bonne hygiène alimentaire, nécessaires dans le cadre d’une médecine préventive et dans la mise en place d’actions visant à corriger l’origine de grand nombre de nos maladies.

Restons de « bonne humeur » !

Rares sont ceux qui font le lien entre cette expression commune, « de bonne humeur », et le fondement de la médecine hippocratique dont, encore une fois, la naturopathie s’est faite héritière.

Les humeurs, ou le milieu intérieur, sont essentiellement constituées par les liquides circulants : sang, lymphe, liquides intra- et extracellulaires. Avec une alimentation surabondante et des fonctions d’élimination affaiblies, les déchets s’accumulent et encrassent nos tissus. Les humeurs se souillent, le sang ne peut plus transporter correctement les nutriments nourriciers, les fonctions s’altèrent, les différents systèmes biologiques perdent en efficacité, faisant ainsi le lit des maladies et des chutes immunitaires. Le moral baisse. C’est la mauvaise humeur qui s’installe !

Dans cette situation, le naturopathe proposera des diètes ou des monodiètes (consommation sur une durée déterminée d’un seul aliment d’origine végétale comme les pommes, les carottes, le raisin ou encore le riz) ou bien encore, le nec plus ultra, si la vitalité le permet, une pause alimentaire, plus connue sous le nom de jeûne. En effet, au cours de cette diète partielle ou totale, le médecin intérieur active automatiquement son programme d’élimination. Les cellules vieillissantes sont rapidement recyclées. Les humeurs s’assainissent. L’organisme se repose et se répare. Le tout est orchestré par la force vitale. Hippocrate parlait de « deinde purgare », en français « purifier », détoxifier l’organisme pour retrouver ou entretenir la santé.

 

L’individualisation

Hippocrate avait déjà compris l’importance de l’individualisation. Il traitait un malade et pas une maladie. Il savait que toute chose de l’univers est constituée à partir des éléments Air, Eau, Feu et Terre, représentés dans l’organisme par les humeurs que sont le sang, le phlegme (la lymphe), la pituite (la bile jaune du foie), l’atrabile (la bile noire de la rate). C’est de là qu’il a défini les quatre tempéraments : sanguin, lymphatique, bilieux et nerveux. Les naturopathes utilisent toujours ces notions de tempéraments, auxquelles ils ont ajouté les constitutions naturopathiques (correspondant au morphotype initial) et les diathèses (évolution du terrain dans le temps), fidèles qu’ils sont au principe d’individualisation. Ainsi, les conseils hygiéno-diététiques tiendront toujours compte de la constitution et du tempérament du sujet et auront pour objectifs de rééquilibrer ces derniers.

 

L’holisme

La médecine actuelle s’est considérablement spécialisée avec des experts de chaque fonction ou de chaque partie du corps (cardiologue, pneumologue, allergologue, ORL, dermatologue, cancérologue…), avec toutefois un inconvénient majeur : l’interaction des organes, du corps, de la psyché et du spirituel n’est plus prise en compte. Or l’homme, entité complexe, résulte de l’interdépendance de la matière, de l’énergie de vie, des émotions, de la pensée et de l’esprit. Hippocrate affirmait : « L’homme doit harmoniser l’esprit et le corps. » Le naturopathe doit donc se souvenir que les causes des maladies ne sont pas forcément physiques. Elles peuvent être psychologiques, environnementales ou spirituelles. Aussi, son approche doit prendre en compte l’homme dans sa globalité. On parle alors d’une approche holistique.

 

Notre médecin intérieur

Fidèle à Hippocrate, le naturopathe applique les lois de la nature et de la physiologie pour révéler à chacun « son médecin intérieur ». Il enseigne ces lois afin que nous puissions conserver notre bien le plus précieux : notre capital santé.

Souhaitons qu’un jour proche, à l’instar d’autres pays, la France puisse intégrer la naturopathie dans le paysage médical officiel, tant pour la santé de nos concitoyens que pour la santé des dépenses publiques !

 

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